J'ai passé 7 semaines au Cambodge dont 6 semaines à faire du volontariat. Je suis partie avec Jeunesse et Reconstruction pour ceux qui seraient intéressés. Ils ont fait le lien avec l'ONG locale : the green lion.
The Green Lion est une ONG qui aide au développement dans certains pays d'Asie. Déjà, j'aimerais expliquer la différence entre volontariat et humanitaire. Beaucoup de gens pensent que je fais de l'humanitaire alors que ce n'est pas du tout le cas.
L'humanitaire est décrété quand il y a un état d'urgence.Le typhon aux Philippines, le tsunami en Thaïlande, Ebola en Afrique de l'Ouest par exemple. ONG et humanitaire ne sont pas forcément liés. Donc moi j'ai fait du volontariat. Pour être plus précise, j'ai enseigné l'anglais à des petits cambodgiens.
Voila ce que j'en ai retenu.
La première semaine était dédiée à la découverte de la culture locale pour mieux comprendre les locaux et s'adapter au pays. Cette semaine m'a beaucoup aidé à comprendre la culture khmer mas ça n'a pas été plus facile de s'adapter. Il y a un grand pas entre comprendre et accepter et il m'a fallut plusieurs semaines pour le faire et je ne suis pas sûre de l'avoir entièrement fait.
Cette semaine dédiée à la culture, je n'ai pas enseigné mais c'était plutôt moi l'élève. Nous avons eu droit à un cours de cuisine, un cours de langue khmer (très basique), un cours sur les choses à faire et ne pas faire (ce que j'ai eu le plus de mal à accepter, j'y reviendrai un peu plus tard).
Cette semaine nous avons visité le village où nous restions, vu le marché. Nous avons aussi fait un tour dans la campagne environnante. Oui j'étais dans la campagne mais il y avait encore plus campagne que là où j'étais.
On est aussi allé visiter l'école où on allait enseigner. Une journée a été dédiée à la découverte de l'histoire du Cambodge. On est allé voir la tombe de Pol Pot et la maison de Ta Mok, 2 personnes dirigeantes des khmers rouges.
Pour ceux qui ne savent pas ce que sont les khmers rouges, je vous conseille d'utiliser Wikipédia, car la guerre qui s'est déroulée au Cambodge il y a quelque années a forgé la mentalité actuelle du peuple.
Nous avons aussi rencontré un moine pour discuter du bouddhisme.
Cette semaine a été très intéressante et instructive même si à certains moments difficiles. Certains do's and don'ts que j'ai appris:
- Ne jamais crier sur un cambodgien même quand tu n'es pas content. Cela voudrait dire qu'il "perde la face" et serait très rancunier. Cela veut dire aussi qu'un employé ne peut pas critiquer son boss car celui ci perdrait la face. Cela va avec le fait que les Cambodgiens n'aiment pas le changement (depuis la fin de la guerre, ils ont la paix et s'en contentent). Une chose que j'ai bien eu du mal à accepter. Même si je suis d'accord que dans certaines situations, ça ne sert à rien de s'énerver, il y a des cas où dire les choses clairement et directement peut faire avancer les choses.
- Toujours respecter les ainés, les moines, les profs, les personnes qui ont une profession "importante" selon la société. Les autres ce n'est pas la peine. Pas de respect mutuel, j'ai eu du mal aussi.
- Comment se comporter de manière générale, quoi dire, que faire, comment s'asseoir... un peu bizarre je dois dire. Il y a tellement de protocoles.
Le fait de ne pas pouvoir dire vraiment ce que tu penses créait une distance entre eux et moi et je crois qu'au final c'est ce qui m'a le plus dérangé. On ne sait jamais vraiment ce qu'ils pensent. Ils peuvent dire oui oui et en réalité c'est non. Du coup, créer des relations proches et honnêtes s'est avéré compliqué. D'autant plus que la population ne parlant pas anglais et moi non khmer, la communication n'était pas évidente.
Mais passons les côtés négatifs et parlons des enfants.
Après la semaine culturelle, j'ai donc enseigné pendant 5 semaines. Quand j'y étais il y avait 5 niveaux de 1 à 5, 5 étant les meilleurs. Depuis ils ont ouverts un niveau 6 et une maternelle.
J'ai enseigné le même niveau pendant les 5 semaines car je voulais avoir un suivi et voir l'évolution des élèves. J'ai enseigné le niveau 2 donc plutôt débutant. Ce n'est pas moi qui ai choisi. C'est la classe qui avait besoin d'un prof quand je suis arrivée. Et pour le coup, les enfants quand ils te parlent, ils n'ont pas de filtres ce que j'ai adoré et la relation a été beaucoup plus facile.
Enseigner n'a pas été facile surtout quand on ne parle pas la langue des élèves mais avec la pratique, les choses sont devenues plus faciles. Les enfants ont commencé à me connaitre et moi à les connaitre. Retenir 50 prénoms khmer n'a pas été facile mais j'en suis venue à bout. J'avais 2 classes. Une le matin et une l'après midi. Quand ils n'étaient pas à la greenway school, les élèves allaient à l'école locale.
Il ne faut pas croire que parce que c'est une école gratuite pour les enfants, ils étaient tous attentifs en cours. Certains en avaient rien à faire de l'école, ça reste des enfants. Mais majoritairement, ils étaient contents d'apprendre et s'impliquaient dans la classe. J'ai été impressionnée par le niveau et la facilité d'apprentissage de certains. Ce qui était le plus difficile était d'essayer d'aider ceux qui n'y arrivaient pas. Pas toujours évident.
L'école n'a pas beaucoup de moyens car tout dépend des donations des bénévoles. On fait donc avec les moyens du bord et la créativité.
L'expérience a été très enrichissante et voir les élèves évoluer dans leur anglais et dans leur relation avec moi a été la belle récompense. Ca a été dur de les quitter même s'il était temps et que j'avais envie de voir autre chose. Je me suis attachée à ces bouts de chou.
Voici les noms de certains de mes élèves : Vicheka, Rayouth, Sinoun, Sreylouth, Kuram, Rathanak, Sna, Rathana, Rika, Lina, Mesa, Savath...
Une expérience qui j'espère a été aussi enrichissante pour eux que pour moi. J'espère que l'anglais pourra aider certains à avoir un futur plus "facile" que celui de leurs parents, en tout cas vivre de façon plus décente. Car dans la campagne cambodgienne, avoir des toilettes chez soi est un luxe et l'eau chaude n'est pas au programme pour ceux qui ont une vraie douche. Peut-être que le fait de parler anglais pourra les aider à avoir une meilleure situation et développer leur niveau de vie. Je l'espère en tout cas.
Mon autre expérience a été de pouvoir rencontrer des bénévoles de plein de pays européens et australiens. Je me suis mieux entendues avec certaines qu'avec d'autres évidemment mais discuter avec eux du pourquoi chacun est venu faire du volontariat était très intéressante. Chaque parcours est différent et savoir ce qui les a amené à être aujourd'hui, ici m'intriguait.
En attendant voici quelques photos de cette expérience :
1 commentaire:
Belle expérience, à lire ce que tu écris, avec ses bons et moins bons côtés, normal !!!
les enfants ont l'air super mignons et ils ont l'air d'aimer se faire prendre en photo !!
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